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Vous souhaitez vous aussi découvrir cette merveilleuse ville qu'est Montréal ? Alors je ne peux que vous conseiller cet excellent bouquin Le Guide de Survie des Européens à Montréal. Vous avez là-dedans tous les bons plans pour se loger, se nourrir, se travestir et connaître toutes les ficelles d'une culture tellement différente, avec beaucoup d'humour. Un must have !
Jeudi 9 juin 2005 4 09 /06 /Juin /2005 00:00
Cette fin de semaine a été marquée par un événement que je qualifierai de beauf, mais ô combien salutaire. Et oui, on a tous un côté beauf, plus ou moins exacerbé. Être beauf, ce n'est pas une question de nature, mais plutôt de degré. Bref, moi et mon côté beauf, on s'est bien amusés samedi soir.
Je vous arrête tout de suite, je ne suis pas allé à un rassemblement de Ginos (oui, notre cher Jacky a changé de prénom en traversant l'Atlantique) en Ford Mustang sur la rue Sainte Catherine, avançant à deux à l'heure tout en prenant un malin plaisir à faire un barouf pas possible. Bon ok, peut-être que j'en ai vu des Ginos, mais c'était par pur hasard. Là n'est pas le propos me direz-vous.
Non non, tout ce que j'ai fait, c'est danser sur La danse des canards dans un des bars-orchestre les plus réputés de Montréal : je veux parler du Deux Pierrots. Ah ça, c'est sûr qu'on est loin des hautes considérations parisiennes. Et alors ? Les Deux Pierrots, c'est un incubateur à bonne ambiance, un haut lieu de rencontres hors du commun, et certainement l'endroit où l'on vend le plus de bière à Montréal (vous immiteriez le canard à jeûn vous ?). Les Deux Pierrots, c'est une institution, et je défie quiconque de trouver à redire là-dessus.
Mais les Deux Pierrots, ce n'est pas uniquement le sanctuaire de Patrick Sébastien. De toute façon, personne ne connaît de petit bonhomme en mousse ici, et j'espère que cela restera comme ça pendant des siècles. Car il y passe d'excellents groupes qui font dans l'ecclectisme pour faire plaisir à Papa et Maman, mais aussi aux plus jeunes d'entre-nous. Le son est prenant et l'atmosphère conviviale, très conviviale. On en attendait pas plus d'un endroit aussi festif en plein coeur du Vieux Montréal, à deux pas de l'endroit où Charles de Gaulle, en personne, a prononcé son célèbre "Vive le Québec Libre !" (j'ai appris ça la semaine dernière, alors il fallait bien que je vous le case un jour ou l'autre. Désolé mais là c'était maintenant ou jamais). Ce n'est pas le tout d'être libre, encore faut-il pouvoir se boire un verre dans une ambiance bon enfant. Ça tombre bien, j'adore ça...
Par Kestuffou - Publié dans : Le fil de l'histoire
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Jeudi 9 juin 2005 4 09 /06 /Juin /2005 00:00
IL est arrivé un beau matin de juin, comme ça, sans prévenir. IL s'est fait bougrement attendre celui-là, je peux vous l'assurer. À la fois par une Nature canadienne, qui ne demandait qu'à s'exprimer enfin et à montrer ce qu'elle sait faire de plus beau, et à la fois par ces sacrés québecois, qui n'en pouvaient plus d'attendre de sortir de leurs souterains (qui n'existent pas). Ils L'attendaient tous, halletant, furetant du coin de l'oeil le moindre signe de sa manifestation annuelle. J'étais loin de me douter que, grâce à Lui, j'allais redécouvrir Montréal sous une ambiance plus latine, plus festive, plus vivante (allez vous ballader, le soir venu, du côté de Crescent : vous comprendrez). C'est, pour ainsi dire, Le compagnon préféré des québecois et des québécoises. Oui, ça y est, cette fois c'est bon : l'été est enfin arrivé.
On m'avait pourtant prévenu, le printemps ne dure qu'une semaine ici. À peine le temps pour les amoureux de faire leurs petites affaires vite fait, bien fait. Car ici, on ne fait pas dans la dentelle avec ces choses là. Nous aurons très certainement l'occasion d'en reparler un de ces jours...
Je suppose, je suppute même, que les Montréalais sont certainement très frustrés pendant l'hiver canadien ô combien légendaire, mais tellement rude. Alors l'été venu, ils se lâchent. C'est à celui qui aura les plus belles tongues, les plus écarlates coups de soleil, les plus fashion paires de lunettes style look années folles. C'est à celui qui portera la plus fleurie des chemises hawaiennes, se badigeonnera la crème solaire de plus fort indice. C'est aussi à celle qui s'habillera le plus légèrement possible, bien entendu, mais ça c'est comme partout. Bref, c'est la plage. Et ils ont bien raison de s'y croire, même si elle est effectivement à 1600 km d'ici.
Car franchement, un été à Montréal sans ces mecs qui se jettent tout habillés dans le lac du Parc Lafontaine, ou ces montréalaises qui lézardent à qui mieux mieux dans le Vieux Montréal, ça aurait été bien plus emmerdant qu'un été à La Baule, plage comprise.
Et le printemps dans tout ça ? Eh bien, on s'en câââlice !
Par Kestuffou - Publié dans : Le fil de l'histoire
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Mardi 24 mai 2005 2 24 /05 /Mai /2005 00:00
C'est seulement deux semaines après être arrivé au Canada que j'ai décidé, sur un coup de tête parfaitement planifié, de faire des infidélités à Montréal pour aller rendre visite à sa grande copine Ottawa (la capitale du Canada bande d'ignares). Là bas m'attendaient deux autres expatriés venus s'installer à Gatineau, ville limitrophe d'Ottawa. Ottawa est en Ontario, à l'Ouest de Montréal, c'est-à-dire chez les rosebifs. Par contre Gatineau, c'est encore au Québec : il suffit de traverser le pont Alexandra (un grandiose enchevêtrement de métal très accueillant) pour passer d'une région à l'autre.
C'est sur ce pont, paraît-il, que les Ontariens et les Québecois, quelque peu éméchés, se livrent à des rixes ancestrales, chacun défendant sa culture et sa marque de bière préférée (ce qui revient sensiblement au même). Car ce pont, qui fait le lien entre les anglophones et les francophones, est au coeur d'un des plus grands paradoxes du Canada. Comprenez bien : les bars sont interdits aux mineurs au Canada. Oui mais, en Ontario, la majorité est à 21 ans. Au Québec, c'est 18 ans. Oui mais, les bars d'Ottawa sont bien plus hype que ceux de Gatineau. Donc, d'un côté vous avez les Ontariens qui passent le pont pour aller dans les bars Québecois, de l'autre, vous avez les Québecois qui veulent chopper de l'Ontarienne et qui donc traversent également le pont pour se rendre à Ottawa. C'est à 3h47 précisément que, tous les samedis soirs, des hordes de brutes sauvages se rencontrent sur ce fameux pont. Il n'est donc pas rare que, le dimanche matin, alors que vous dégustez de succulentes queues de castor au sirop d'érable tout en faisant du patin à glace sur l'Ottawa River (ce n'est pas du tout évident à faire, et il n'y a que les Canadiens qui savent exécuter de telles prouesses), vous tranchiez la main d'un pauvre étudiant emprisonné dans la glace...
Cette fin de semaine s'annonçait exceptionnelle. Le temps était plus que clément et de l'écoeurante liqueur de sirop d'érable (il va falloir vous y faire : les mots ici n'ont pas la même signification qu'en France, "écoeurant" voulant dire "génial", "délicieux". Moi en tout cas, je ne m'y fais toujours pas) m'attendait chez les deux zigotos qui allaient m'héberger pour deux jours, aux frais de la princesse.
Après avoir parcouru sans encombre les quelques 250 km qui séparent Montréal d'Ottawa dans ma luxueuse Chevrolet Impala automatique, me voilà arrivé à Ottawa. On m'avait prévenu : "Si tu te perds dans Ottawa, c'est fini pour toi mon pauvre". Inévitablement, je me perds dans cette ville qui m'est inconnue (mais étrangement hospitalière), ayant manqué le pont Alexandra pas du tout indiqué sur les panneaux. C'est avec un anglais approximatif que j'arrive à demander mon chemin, alors que j'étais devant le Parlement Canadien (un imposant Big Ben à la sauce canadienne, signe de l'écrasante suprématie du Common Wealth) très agréable à contempler de nuit. C'est en parcourant les longues rues et autres avenues d'Ottawa que, une demie-heure plus tard, je parviens à trouver le chemin qui me mènera à Gatineau.
Le lendemain, visite quasi-complète d'Ottawa, en compagnie de mes deux compères et d'un de leurs amis. Ottawa est très différente de Montréal. Ce qui choque, c'est l'esprit de patriotisme qui hante chacune des rues, esprit qui va en décroissant à mesure que vous vous éloignez du Parlement. D'ailleurs, en vous positionnant en un point hautement stratégique devant le Parlement, vous pouvez compter pas moins de 32 pavillons canadiens, histoire de bien vous faire comprendre que vous êtes au Canada si d'aventure vous vous sentiez perdu. Après avoir longuement vadrouillé dans Ottawa, et après avoir piqué une sieste bien méritée dans un parc jonché de tulipes et de fumeurs de cigarettes qui font rires, pile devant l'austère ambassade des Etats-Unis, nous nous rendons dans le quartier des bars branchés, où la fine fleur des plus pulpeuses serveuses de tout le Canada (prévoyez les pourboires) côtoie la bonne ambiance générale, rythmée par les vrombissements des Harley Davidson et des rutilants Hummer tout droit sortis de Mad Max, même si on se croirait dans le monde merveilleux de Dick Rivers. Il y a des gens qui n'apprécient pas Ottawa, mais moi j'ai vraiment été emballé, même si le soleil canadien m'a flanqué une bonne migraine.
Un Advil™ et une nuit de sommeil plus loin, nous allons direction le Parc Gatineau, parce que quand même, il faut savoir se retrouver avec la nature. Être "vrai" quoi. Point de castor ni de caribous. Juste encore un peu de neige et des millions d'hectares de forêt, parsemés de quelques baraques que de toute façon je ne pourrais jamais m'offrir. Là, je touchais du doigt le mythe de "La cabane au Canada". Grandiose sérénité.
Le soir venu, je rentrai enfin chez moi, à Montréal, qui me manquait déjà tant...
Par Kestuffou - Publié dans : Le fil de l'histoire
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Mardi 17 mai 2005 2 17 /05 /Mai /2005 00:00
Bon, dans votre carrière de cinéphile chevronné, vous avez du voir cette merde de "Chérie, j'ai rétrécie les gosses", non ? Moi j'étais très jeune et pas encore déniaisé lorsque je l'ai vu pour la première fois. C'était juste un bon film à la mode Disney, pas prise de tête pour un sou, et qui permettait aux mômes comme moi de foutre la paix aux parents pendant que j'étais scotché devant la télé. J'étais loin de me douter que, bien des années plus tard, ce film allait me faire marrer une fois de plus. Seulement, la raison en est tout autre...
En effet, dans ma perspective sans fin de vous faire apprendre "plein des choses qu'elles sont intéressantes", vous allez apprendre ici qu'un tel film ne pourrait s'appeler "Chérie, j'ai rétrécie les gosses" au Québec. Cela relèverai tout simplement du blasphème auprès du CRTC (l'équivalent Canadien du CSA). Pour bien vous faire comprendre la gravité de la situation, je vais vous raconter une histoire, que j'ai vécu personnellement.
L'histoire se passe dans un café Second Cup (où les serveuses sont aussi onctueuses que la crème fouettée qu'elle vous servent avec le meilleur expresso que vous pourrez trouver à Montréal). Au cours d'une discussion somme toute assez banale entre une jeune femme et moi, discussion qui tendait à virer sur le sujet de la famille (je vous avais bien dis que c'était banal), je pose la question suivante, de la façon la plus anodine qui soit :
— Et toi, tu as des gosses ?
Et là, c'est le drame. La fille commence à tirer une tronche pas possible, ne sachant pas où se mettre (pourtant, elle était bien, là, en face de moi). J'ai rarement vu un faciès changer en un laps de temps aussi court, c'est-à-dire passer du rose pâlichon typiquement québecois, au rouge lucifer des dernières règles de ta copine (désolé si je suis un peu "cru" sur ce coup là, mais vraiment c'est pour vous faire prendre conscience du contexte grave et pesant qui vient se présenter à moi à ce moment très précis. Ok bon, j'exagère. Mais voilà, maintenant c'est dit). Donc voilà le tableau : une fille décomposée devant une pauvre âme innocente qui ne comprend pas trop ce qu'il se trame.
— Je te demande pardon ? me répond-elle avec un ton qu'on eu dit qu'elle avait perdu à la fois les eaux et son accent.
— Euh... ça ne se fait pas ici de demander aux gens s'ils ont des enfants ?
— Des enfants ? Tu viens de me demander si j'avais des gosses je te signale !
Là je me dis que j'ai deux alternatives : soit je suis en plein choc culturel et y'a un truc qui m'échappe, soit je débloque, parce que quand même, gosses et enfants c'est la même chose.
Eh bien non. Ici, le terme "gosses" a une toute autre signification, beaucoup plus... anatomique (poétique diraient certains. Moi je m'en fous, je ne fais que rapporter la vérité vraie). Les gosses au Québec, c'est les couilles. Tout simplement. Ceux qui me connaissent bien imaginerons tout à fait ma tête en cet instant de révélation divine : la tête d'un mec qui sait plus où se foutre et qui a cet horrible sentiment d'appartenir à l'espèce des "boulets". Oui enfin bon, ça ne dure qu'une fraction de seconde. On ne peut s'empêcher d'afficher un léger rictus l'instant d'après. Bref, ne vous faites pas avoir comme moi...
Vous comprennez maintenant, le lien avec "Chérie, j'ai rétrécie les gosses" ? Non pas que ma première réaction à cette expérience a été de me dire : "Mais au fait, comment ont-ils traduit le titre de ce fichu film ?". C'est juste que, sur CTV (une chaîne de télé canadienne), ils ont passé ce film il n'y pas si longtemps. Ils ont donc été prudents de traduire son titre en "Chérie, j'ai réduit les enfants".
Ils ont la classe ces Canadiens...
Par Kestuffou - Publié dans : C't'encore drôle
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Lundi 16 mai 2005 1 16 /05 /Mai /2005 00:00
Nous sommes le 1er avril 2005, dans le dédale constitué des couloirs de l'aéroport international Pierre Eliott Trudeau de Montréal. Il est 19h35 à ma montre soigneusement reglée à l'heure des caribous.
Premier contact avec les Canadiens : le service de l'immigration. Il faut dire que j'appréhendais un peu ce moment. Allaient-ils ressasser mon passé d'ancien mafioso ? découvrir mon implication dans la vente de yaourts périmés aux Indiens Mohawks du Nord du Québec ? remettre au grand jour mes bulletins de notes de CM1 ? Ils avaient mille raisons de me refourger à la frontière. Heureusement, ils ne l'ont pas fait parce que j'avais malencontreusement glissé un billet de 500 dollars dans mon passeport. Et donc finalement, j'ai réussi à obtenir mon permis de travail canadien, un plan de métro (plastifié s'il vous plait), les adresses des pires hôtels de Montréal (ils ont du sentir que les 500 dollars étaient tout ce qu'il me restait en poche), et un pin's parlant TF1. Mais ce sont surtout les paroles de l'officier qui m'ont fait chaud au coeur : "Bienvenue au Canada !".
C'est pile à ce moment que je venais de réaliser que je foulais le sol nord-américain. Les sept heures de décalages ont du influencer mes capacités de réflexions... sans doute. Mais le doute s'est estompé lorsque, en sortant du bureau de l'immigration, j'aperçois un officier de la garde montée du Canada. Admirable. Grandiose. Drolesque. Je me sentais comme une merde, perdue au beau milieu d'un pays grand comme trente fois la France.
Mon frère m'attendais tranquilement derrière la petite porte par laquelle les petits Parisiens débarquaient. Accueil chaleureux, mots de bienvenue, etc. Et là, surprise : une limousine Lincoln (le petit modèle hein, faut pas pousser non plus) nous attendait pour me rentrer à la maison. Et là, un magnifique Montréal by night s'offre à moi. Et là on se dit que c'est vraiment le panard de voyager.
Aller, on sort les bouteilles de vin qui ont survécues au voyage. Il n'y a désormais plus qu'elles qui me relient à la France. Et pour le Canada, tout reste à découvrir...
Par Kestuffou - Publié dans : Le fil de l'histoire
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